Une personne s’allonge sur le dos, l’autre s’installe à genoux, à cheval sur son bassin, buste droit, face à elle. Celle ou celui qui est au-dessus décide alors du rythme, de l’angle et de la profondeur, et cette prise en main explique l’essentiel de sa popularité.
À cheval, buste droit
La personne allongée s’étend à plat, jambes tendues ou légèrement pliées, un oreiller sous la tête. L’autre vient placer un genou de chaque côté de ses hanches. Le poids se répartit entre les genoux et le bassin, et les mains peuvent se poser sur les côtes, sur la poitrine, ou rester libres si l’équilibre le permet. Restez bien à hauteur de bassin : plus haut, sur le ventre ou la poitrine, vous n’êtes plus dans la position et vous gênez la personne d’en dessous.
On oublie souvent l’essentiel, qui est que le mouvement n’a pas à monter et descendre. Un balancement du bassin d’avant en arrière, genoux fixes, fatigue beaucoup moins les cuisses, et il tient bien plus longtemps. Les grandes montées et descentes se gardent pour de courts moments.
Mener sans s’épuiser
Les cuisses fatiguent parce qu’on leur demande de soulever tout le haut du corps à chaque mouvement, alors qu’un balancement les laisse presque au repos. Deux appuis changent tout : les mains posées sur la poitrine ou les épaules de la personne allongée, qui reprennent une partie du poids, et les genoux de celle-ci, qu’elle plie pour offrir un dossier. Avec ce dossier, la personne au-dessus peut s’adosser quelques secondes, respirer, puis reprendre, et l’on alterne ainsi sans jamais quitter la position.
La personne allongée a plus de pouvoir qu’il n’y paraît. Ses mains sur les hanches de l’autre accompagnent ou freinent le rythme, ses pieds à plat lui permettent de relever le bassin pour aller à la rencontre, et sa voix fait le reste. Dire « reste là » ou « plus doucement » n’enlève rien à celle ou celui qui mène, et cela évite les malentendus que la position favorise, puisqu’une seule personne voit vraiment ce qui se passe.
Pour qui
Cette position attire celles et ceux qui veulent garder la main sur le rythme, ou que d’autres positions gênent parce que quelqu’un d’autre fixe la profondeur. Elle offre une très bonne vue mutuelle, et les mains de la personne allongée restent libres. Le poids est rarement un obstacle : le gros de la charge passe par les genoux, et une personne plus lourde au-dessus d’une personne plus légère peut très bien s’y retrouver à condition de ne pas se laisser tomber. Une différence de taille importe peu, puisque le bassin est le point de rencontre.
Pour deux personnes sans pénis, le contact des bassins garde tout son sens, et un harnais peut compléter la disposition.
Nous la classons facile, ce qui peut étonner quand les cuisses brûlent. Notre difficulté mesure la souplesse, la force et l’équilibre qu’il faut pour s’installer, et le balancement ne demande rien des trois ; l’intensité, elle, est notée moyenne, parce que la version sportive existe et que beaucoup la choisissent. La personne au-dessus porte l’effort, même quand celle du dessous participe.
Un genou qui proteste
Voici un cas inventé pour l’illustrer. Nour a un genou droit qui n’aime pas rester plié sous charge, et Alex est allongé. Première réponse : une serviette pliée sous ce seul genou, qui réduit l’angle de flexion de quelques degrés, et c’est souvent suffisant. Deuxième réponse : Nour pose le pied droit à plat sur le matelas, genou levé, et garde le gauche au sol, ce qui donne une demi-grenouille où le genou sensible ne porte plus rien. Troisième réponse, si les deux premières ne suffisent pas : passer en version penchée, poitrine contre poitrine, où le poids se déplace vers les avant-bras. Et si rien ne convient, Alex s’assoit au bord du lit, pieds au sol, Nour s’installe sur ses cuisses, et vous êtes dans la chaise, qui épargne les genoux de tout le monde.
D’où vient le nom
Il renvoie bien à Andromaque, l’épouse d’Hector dans la mythologie grecque, mais par une voie plus latine que tragique, sans rien devoir à Racine. Deux poètes romains l’associent à l’image d’une monture : Ovide, dans L’Art d’aimer, assure qu’elle ne s’y risquait jamais, parce qu’elle était trop grande ; Martial, dans ses Épigrammes, soutient exactement le contraire. Par quel chemin le mot est-il arrivé dans le français courant ? Aucun texte sûr ne le dit, et le glossaire s’en tient là lui aussi.
Variantes
Quatre voisines ont droit à leur propre fiche. Tournez le dos à l’autre : l’andromaque inversée. Couchez-vous poitrine contre poitrine : l’andromaque penchée, plus tendre. Inclinez le buste vers l’arrière, mains derrière vous : l’andromaque renversée. Levez les genoux et posez les pieds à plat : la grenouille.
Toutes s’atteignent sans descendre. Le pivot vers l’inversée se fait en passant une jambe par-dessus le corps de l’autre, lentement, une main sur sa cuisse pour garder l’équilibre. La penchée et la renversée ne sont qu’une inclinaison du buste, dans un sens ou dans l’autre, et l’on peut passer de l’une à l’autre plusieurs fois dans la même séance. La grenouille demande de ramener les pieds l’un après l’autre, en s’appuyant sur les mains, et de redescendre à genoux dès que les cuisses le réclament.
Confort et sécurité
Prudence avec les grands mouvements de haut en bas lancés à pleine vitesse : un faux mouvement à la descente peut faire très mal à la personne allongée, surtout si elle a un pénis. Une douleur vive, un craquement ou un gonflement justifient de tout arrêter et de consulter sans attendre. Les genoux, sur un sol ou un matelas trop ferme, réclament une couette pliée. Les cuisses, elles, brûlent après quelques minutes de montées et descentes : c’est le moment de revenir au balancement décrit plus haut, ou de se poser un instant.
La position vue d’en face : des modèles en direct, sur une plateforme pour adultes.Lien partenaire
