Une question suffit à savoir si cette fiche vous concerne : savez-vous faire un pont, un vrai, mains et pieds au sol, ventre vers le plafond, sans y penser et sans avoir mal le lendemain ? Si la réponse est non, ou si le dernier remonte à très loin, ne cherchez pas à le découvrir à cette occasion, et préférez le demi-pont, qui a l’avantage de garder les épaules à terre. Sinon, l’idée est la suivante : l’autre personne s’agenouille face à vous, entre vos pieds, et vous soutient le bas du dos à deux mains.
À quoi ressemble la chose
Vu de côté, le dessin est spectaculaire : une arche, avec une seconde personne à genoux à l’une de ses extrémités. Le mouvement est minimal, souvent limité à une oscillation d’avant en arrière, puisque tout le corps de la personne en pont sert déjà à tenir. La personne à genoux dispose d’un meilleur accès qu’on ne le croit, mais elle ne doit jamais faire reposer sur ses mains le poids qui relève des bras et des jambes de l’autre : ses mains stabilisent, et elles rattrapent au besoin.
On ne tient jamais longtemps ainsi : quelques dizaines de secondes, une minute pour les plus entraînés. C’est davantage une prouesse à deux, à essayer une fois en riant, qu’une position à laquelle on s’installe. Elle s’adresse à des personnes qui pratiquent la gymnastique, la danse, le yoga ou le cirque, et dont la colonne et les épaules se prêtent à une extension complète, ce qui exclut, sans jugement, la plupart des adultes qui ne se sont pas entraînés récemment.
Comment y arriver
La personne qui fera le pont commence sur le dos, genoux pliés, mains à plat près des oreilles, doigts vers les épaules. Elle s’échauffe avant : les épaules et le dos à froid n’ont aucune envie de faire cela. Elle pousse ensuite sur ses mains et ses pieds pour monter, en gardant la tête dans le prolongement du corps, et sans la laisser basculer brusquement. L’autre se place alors, puis pose ses mains en dessous. Pour redescendre, on replie les bras d’abord, doucement, en amenant le menton vers la poitrine.
À essayer plutôt
Le demi-pont reste de loin la meilleure option : le bassin en hauteur, les épaules à terre, et aucun poignet en jeu. L’arc propose une extension plus accessible, avec les genoux repliés, mais il réclame aussi une bonne souplesse. Et l’andromaque renversée offre à la personne du dessus une ouverture du buste beaucoup moins risquée, avec ses mains en arrière.
Mise en garde
Si la position s’effondre, la chute se fait tête et nuque en premier : pratiquez sur un matelas, jamais sur un sol dur, et loin de tout angle de meuble. Le bas du dos subit une forte cambrure, et un mal de dos connu, une hernie ou une douleur aux poignets, aux épaules ou à la nuque sont des motifs d’abstention ; en cas de doute sur votre dos, un médecin aura une opinion plus utile que la nôtre. La tête en bas peut donner des vertiges en remontant : relevez-vous lentement, et restez assis un moment. La personne à genoux n’engage jamais de grand mouvement, car une poussée déstabilise immédiatement l’ensemble.
