Kamasutra illustréLes 57 positions
Une silhouette sur le dos, une jambe tendue au sol, l’autre levée très haut, le pied posé sur la tête de sa ou son partenaire, à genoux devant elle.

Le clou

Difficulté
Exigeante
Intensité
Moyenne
Effort
La personne en face
Famille
Sur le dos
Autres noms
La pose du clou, le pied sur la tête

Le Kamasutra précise que cette posture s’apprend uniquement par la pratique, remarque qu’il réserve à quatre figures de ce chapitre. Sa description tient pourtant en une ligne : une jambe levée, le pied posé sur la tête de sa ou son partenaire, l’autre jambe allongée. La traduction anglaise de 1883 l’appelle « fixing of a nail ». Le pied joue le marteau, la tête joue le reste, et l’image a de quoi faire sourire les couples qui l’essaient pour la première fois.

À qui la réserver

Disons-le simplement : cette figure relève du répertoire de curiosité. Elle s’adresse à des personnes qui pratiquent déjà le yoga, la danse ou un sport d’étirement, et dont la hanche ouvre sans effort au-delà de la verticale. Pour tous les autres, l’intérêt tient surtout au plaisir de se reconnaître dans un texte vieux de bien des siècles.

Il faut aussi que la personne d’en face accepte d’avoir un pied sur la tête, ce qui ne se devine pas et se demande.

La mise en place

La personne sur le dos étend une jambe à plat, entre les genoux de l’autre. Celle-ci s’agenouille, le buste légèrement penché. La jambe libre se lève ensuite progressivement : d’abord contre le torse, puis sur l’épaule, puis, si tout se passe bien, jusqu’au sommet de la tête. Le contact reste léger, le pied posé et non appuyé, et une main sur la cheville évite les glissades.

Arrêtez-vous à l’étape où vous êtes bien. L’épaule fait une destination très convenable, et elle porte d’ailleurs un autre nom : le bambou fendu.

La variante raisonnable, et les autres

Le bambou fendu est la variante raisonnable, l’échange de jambes en plus. Avec les deux jambes levées, vous rejoignez l’enclume ou la sirène, selon qu’elles sont posées sur les deux épaules ou réunies sur une seule. Un coussin sous le bassin réduit l’étirement de quelques degrés, ce qui fait parfois toute la différence.

Fin d’amplitude

Cette position sollicite à fond l’arrière de la cuisse et l’articulation de la hanche, en fin d’amplitude. Évitez de la tenter à froid, ou en fin de soirée quand la vigilance baisse. La personne à genoux ne doit jamais avancer le buste pour aider : c’est ainsi qu’un étirement devient une déchirure. Au moindre pincement dans l’aine, redescendez la jambe, et prenez un avis médical si la gêne persiste les jours suivants. De son côté, la personne à genoux garde la nuque droite, car un pied posé sur la tête pousse les vertèbres dans une direction qui n’est pas la leur.

Position suivante : la position d’Indrani