Le yoga a prêté son nom à cette position, et le rapprochement s’arrête à peu près là : personne ne vous demandera de croiser parfaitement les jambes ni de faire le vide. Une personne s’assoit en tailleur, l’autre s’installe sur ses cuisses, face à elle, jambes autour de sa taille, et vous vous tenez dans les bras l’un de l’autre. Les visages sont à la même hauteur, les poitrines se touchent. On prête parfois à cette position des vertus spirituelles que nous ne saurions garantir.
Le siège et l’assise
Celle ou celui qui sert de siège s’assoit au centre du lit, jambes croisées sans effort particulier, en gardant le dos droit. Si les hanches ne s’y prêtent pas, un coussin ferme sous les fesses change tout, en remontant le bassin au-dessus des genoux. La personne qui vient sur ses cuisses s’assoit face à elle, passe ses jambes de part et d’autre, et croise les chevilles derrière son dos si elle y parvient. Ses bras enlacent les épaules ou la nuque de l’autre, qui fait de même au niveau de la taille.
Ensuite, on découvre très vite que personne ne va bouger beaucoup. Le mouvement se réduit à un balancement léger, porté par la personne au-dessus, qui s’aide de ses mains sur les épaules de l’autre. Aucun défaut de conception là-dedans : cette lenteur explique pourquoi les couples qui l’aiment y restent longtemps.
Trois réglages avant de renoncer
On abandonne souvent le lotus après un seul essai, parce que la personne assise avait mal aux hanches ou que les bassins ne se rejoignaient pas. Trois choses à essayer avant d’en conclure qu’elle n’est pas pour vous. D’abord le coussin sous le siège, déjà cité, qui bascule le bassin vers l’avant et détend les genoux ; une épaisseur de dix centimètres suffit en général. Ensuite les jambes du siège, qui n’ont pas à être croisées : étendues devant soi et légèrement écartées, elles forment une assise tout aussi correcte, et c’est ainsi que nous conseillons de commencer. Enfin la hauteur de la personne au-dessus, qui s’assoit sur les cuisses et non sur les genoux de l’autre, au plus près du bassin, faute de quoi elle doit se pencher en avant pour garder le contact. Si c’est le siège qui est nettement plus petit, le coussin passe de son côté.
Pour qui
Elle plaît aux couples qui veulent avant tout se regarder et s’embrasser, et à ceux qui s’accommodent d’une faible intensité. Le rapport de poids compte : la personne en tailleur porte l’autre sur ses cuisses, et ses jambes s’endorment plus vite si l’écart de corpulence est important. Il est alors possible d’inverser les rôles, ou de prendre appui contre un mur. Si une hanche ou un genou a déjà souffert, ménagez-les, et demandez conseil à un professionnel de santé si la gêne persiste. Cette position convient à toutes les anatomies, et le contact rapproché du bassin garde son sens avec ou sans pénétration.
Nous la classons en difficulté moyenne et non facile, à cause des hanches de la personne qui sert de siège, et en intensité douce, la plus basse de notre échelle. L’effort est noté pour les deux : l’une porte, l’autre bouge, et aucune des deux ne se repose vraiment, malgré l’allure tranquille.
Lotus du Kamasutra ou lotus des magazines ?
Ce que les magazines appellent « position du lotus » n’est pas ce que le Kamasutra désigne sous ce nom. Le texte ancien décrit une personne allongée, les jambes croisées l’une sur l’autre : nous en avons fait la fiche du lotus couché, bien plus difficile. La version assise s’est imposée pour une raison toute simple : elle est beaucoup plus agréable. La page sur le Kamasutra précise ce que le texte dit réellement.
Quand les jambes s’endorment
C’est la fin la plus courante d’un lotus, et il vaut mieux la prévoir que la subir. Au premier picotement, la personne assise décroise une jambe et l’étend sur le côté, sans que l’autre ait à descendre. Si cela ne suffit pas, elle s’adosse à la tête de lit, jambes allongées, et la position continue sous une forme plus reposante. En dernier recours, les deux basculent ensemble sur le côté, et le lotus devient un face-à-face couché sans que personne ne se soit lâché.
Le picotement se dit à voix haute, et tout de suite : une jambe engourdie qu’on tait par politesse finit en crampe, et la crampe met fin à la soirée plus sûrement qu’un aveu.
Variantes
Le lit a une tête de lit : adossez-y la personne en tailleur, jambes étendues, et le dos cesse de poser problème. La personne au-dessus peut se pencher en arrière, sur ses mains, pour se voir de plus loin. Assise sur le bord du lit, avec les pieds au sol, la personne qui porte retrouve de la stabilité : on approche alors de la chaise. Tourner le dos à l’autre donne le tailleur. Si vous vous lâchez tous les deux en vous laissant partir vers l’arrière, l’araignée vous attend.
Confort et sécurité
Les genoux de chacun doivent rester à l’aise, car une position qui tire sur un genou n’est jamais aussi romantique qu’elle en a l’air. Les jambes croisées de la personne qui porte s’engourdissent, c’est presque garanti. Bougez les pieds, changez le croisement, ou décroisez une jambe avant que le fourmillement ne s’installe. Un dos qui s’affaisse au bout de quelques minutes indique qu’il est temps de s’adosser ou de changer.
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