Les gens de la danse et de la gymnastique y arrivent sans s’échauffer. Pour ces personnes, poser une cheville sur une épaule haute, debout, en gardant l’autre pied au sol, relève du geste quotidien. Pour le reste de la population, c’est un excellent moyen de découvrir où se trouvent les ischio-jambiers. Deux personnes debout, face à face : la première tient sur une jambe, l’autre jambe tendue à la verticale, la cheville sur l’épaule de la seconde, qui la tient par la taille et par la jambe.
À qui cela s’adresse
À très peu de monde. Si votre jambe ne monte pas à la verticale sans échauffement, dos au mur et sans douleur, tournez la page. Il faut aussi une grande stabilité sur la jambe d’appui, avec une personne en face qui comprend qu’elle tient un équilibre plutôt qu’elle n’exécute un mouvement. Les tailles doivent être compatibles, car l’épaule de l’une dicte la hauteur de jambe de l’autre. Une personne bien plus grande rend la manœuvre impossible, même à une danseuse professionnelle.
Comment procéder, si cela vous concerne
Échauffez-vous, sincèrement. Placez-vous près d’un mur, sur lequel la personne en appui peut adosser une partie de son poids. Elle monte la jambe en s’aidant de ses mains, puis la pose sur l’épaule de l’autre. Celle-ci se rapproche ensuite, un bras autour de la taille, une main le long de la jambe levée, sans jamais pousser cette jambe plus loin vers l’arrière : la limite appartient à la personne qui la lève. Les mouvements restent très courts, et personne ne cherche à tenir plus longtemps qu’il n’en a envie.
Des voisines plus humaines
La même idée, avec le genou plié à hauteur de hanche, c’est le flamant, qui reste ouvert au commun des mortels. Allongée sur le dos, avec la jambe posée sur l’épaule, la personne retrouve le bambou fendu, où aucun équilibre n’est en jeu et où la jambe s’en sort tout aussi bien. Pour se mettre en scène avec un minimum de risque, le bord d’un lit et une jambe posée sur une chaise offrent aussi un bel angle, comme la table ou le papillon, selon le meuble disponible.
Si vous tombez, lâchez la jambe
Le risque de chute est réel : un seul pied au sol, l’autre très haut, et deux personnes liées l’une à l’autre. Ne tentez jamais cela sur un sol glissant, avec des chaussettes, ou dans une salle de bains, ni près d’un coin de table. Si vous tombez, lâchez la jambe tout de suite plutôt que de chercher à la retenir, car c’est cette tentative qui fait les vraies blessures. La jambe levée subit un étirement extrême à l’arrière de la cuisse, et une déchirure n’attend pas d’autorisation pour se produire : un petit claquement ou une brusque douleur signifie qu’il faut tout arrêter et consulter. Le dos de chacun s’en mêle aussi, car le bassin qui bascule pour compenser un manque de souplesse crée une torsion en bas du dos, et le bas du dos s’en souvient parfois dès le lendemain. Le meilleur conseil reste de vous en tenir à la version que vous tenez sans hésiter.
