Le nom est un dessin : posez un 6 à côté d’un 9 et vous avez la disposition. Deux personnes tête-bêche, chacune avec la tête à hauteur du bassin de l’autre, pour des caresses réciproques. L’anglais emploie parfois le mot français tel quel, soixante-neuf, signe qu’il a voyagé. L’idée paraît simple sur le papier, mais elle réclame plus d’organisation que sa réputation ne le laisse croire.
Comment s’installer
Deux formules dominent, et il y en a une que nous préférons.
La version sur le côté met tout le monde à égalité. Couchez-vous sur le flanc, en sens opposés, chacun utilisant la cuisse de l’autre comme oreiller, le genou du dessus légèrement relevé. Personne ne porte personne, et la nuque n’a pas à tenir en l’air. C’est celle qui dure le plus longtemps, et sans doute la plus indiquée pour une première fois.
La version superposée, plus célèbre, place une personne sur le dos, et l’autre au-dessus d’elle, à quatre pattes en sens inverse. La personne du dessus porte son propre poids sur les genoux et les avant-bras. Celle du dessous a la tête bien posée, avec un coussin pour éviter de la lever. Cette formule séduit par sa symétrie apparente, mais les rôles ne sont pas égaux : une personne a les bras qui fatiguent, l’autre un corps au-dessus d’elle.
Cette préférence explique le rangement de la fiche : le 69 figure dans la catégorie côte à côte, et non parmi les positions où l’une des deux personnes est au-dessus, parce que la version que nous conseillons se pratique sur le flanc.
Le réglage qui compte
Sur le côté, tout tient à la cuisse qui sert d’oreiller : trop haute, elle bloque la nuque ; trop basse, la tête pend. On la monte ou on la descend en pliant plus ou moins le genou du dessus, et un vrai coussin glissé sous la tête de l’une des deux personnes finit souvent le travail. Les bassins, eux, se règlent en reculant ou en avançant les hanches de quelques centimètres, ce que chacun fait pour soi sans gêner l’autre.
Le problème de la simultanéité
Il faut le dire : faire attention à l’autre et à ses propres sensations, en même temps, demande un apprentissage. Beaucoup de couples le constatent, et ils alternent : l’un s’occupe de l’autre pendant que celui-ci se laisse aller, puis on échange. Il n’y a pas d’obligation de finir, ni d’y rester plus de quelques minutes, et la position peut parfaitement servir de préambule à autre chose.
Convenez de l’alternance avant plutôt que pendant, quand les bouches sont occupées. Un geste simple suffit, une main qui se pose à plat sur la hanche pour prendre le relais, la même qui tapote deux fois pour le rendre, et personne n’a à interrompre quoi que ce soit pour se faire comprendre.
Pour qui
Pour tous les couples, quelles que soient les anatomies : un 69 se compose de deux personnes, sans autre condition. Les questions de protection et d’infections se posent ici comme ailleurs, et un professionnel de santé ou un centre de dépistage vous renseignera mieux qu’un site de positions. La difficulté tient surtout aux différences de taille. Quand l’une est nettement plus grande, ses hanches se retrouvent trop loin ; elle pliera davantage le dos, ou repliera les jambes sur le côté pour raccourcir le trajet. L’autre peut placer un coussin sous sa tête pour réduire la distance.
Un exemple imaginé rend la chose concrète : Inès mesure 1,62 m, Théo 1,90 m, et ils essaient la version sur le côté. Si les deux restent étendus, ils se retrouvent décalés d’une trentaine de centimètres. Théo replie donc les genoux vers sa poitrine, pendant qu’Inès garde les jambes plus droites. L’écart se referme en deux mouvements, et personne n’a eu à se plier le dos.
Le contact visuel disparaît presque entièrement, et il faudra passer par la voix ou par une pression de la main pour se comprendre.
Variantes
Sur le côté, comme expliqué plus haut, ou la personne du dessus sur ses genoux, assise un peu plus en retrait, pour donner de l’air à l’autre. Les personnes souples peuvent essayer de l’adapter debout, en faisant porter le poids de l’une par l’autre, mais cette figure relève de la démonstration de cirque et n’a pas sa place ici. Il existe des alternatives plus paisibles, comme de rester tête-bêche un instant puis de glisser vers la position en X. Lorsque vous voulez retrouver les visages, le plus court chemin mène au face-à-face couché.
La nuque, surtout
La nuque souffre la première, surtout sur la version superposée : un coussin placé sous la tête ou un appui sur la cuisse de l’autre change beaucoup de choses. La personne du dessus surveille ses avant-bras et n’appuie pas son poids sur l’autre, ce qui serait désagréable et peu engageant. La symétrie, enfin, n’oblige à rien : si l’un des deux préfère s’arrêter, la position s’arrête, sans que personne ait à se justifier.
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